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29/07/20
Article

6 French League :  I be Liven I can fly

Joueur, capitaine, leader in game, et même vieux sage encadrant des petits lionceaux. Le joueur de Fawkes est multitâche, et aimerait bien retrouver le goût de l’Europe. Récit.

6 French League :  I be Liven I can fly

Un ancien champion qui doit tout recommencer de zéro et se battre. Le scénario a beau être aussi vieux que le monde — Rocky, l’élite de la Ranked sur R6S chaque saison, Gladiator —, cela reste toujours aussi efficace. Dans la plupart des cas, il s’agit de constater la détermination d’un homme ou d’une femme à ne pas lâcher. Et, surtout, à entreprendre une deuxième fois ce qui s’est avéré être déjà compliqué à réaliser par le passé. D’autant plus quand les temps ont changé, et que la compétitivité se voit encore plus ardue.

L’époque où Liven évoluait sur le toit du monde, aux côtés d’esportifs de renommée internationale, et celle dans laquelle il se trouve actuellement — c’est-à-dire au beau milieu d’une équipe composée quasi uniquement de jeunes moins expérimentés que lui — est révélatrice de l’enchaînement des saisons et du cadran qui n’attend pas. D’un besoin de renouvellement aussi, preuve que rien n’est jamais totalement acquis, et qu’il faut parfois s’adapter pour continuer d’exister.

Oui, fut un temps où Liven sortait de chez Nitrado et ePunks (formations qui l’ont vu naître lui, mais aussi risze) pour s’en aller écumer les compétitions légendaires de la discipline, maillot de Millenium sur le dos. Des finales de Pro League à Cologne et Atlantic City, un Six Major à Paris, quelques DreamHack (dont une remportée à la volée à Austin) : le monde s’est offert à celui qui restera gravé comme le principal visage de l’une des structures les plus emblématiques du Rainbow Six français.

Jusqu’au bris de glace. Symbolisé par un évincement de cette même escouade, un jour de novembre 2018. À un tournant de sa carrière, Gaël Gruyere n’a plus la confiance de ses collègues, AceeZ (qui amorcera d’ailleurs une glissade du roster vers Rogue et l’Allemagne), de hicks et de risze. Au fil du temps, Millenium avait déjà vu ses principaux artisans (Sixquatre, Joghurtzz, sTiZze) plier bagage. Jusqu’à ce revirement de situation poussant également le Nancéien vers la sortie, au même titre que Renshiro.

Ensemble, les deux compères vont rapidement voir leur stature et leur réputation revues à la baisse. Exit la Pro League, et bonjour les qualifs Challenger League, avec Xtreme Video, une formation qui conjuguera l’ancienne base de Millenium — Joghurtzz, Renshiro et Liven — à Voy et Falko. Sans succès, jusqu’à l’inévitable disband un peu plus tard, signe de la chute d’un capitaine en perdition. Rebelote, dès novembre 2019, avec une nouvelle fêlure du côté de GameWard. Appelé en pompier pour disputer la fin de la 6 French League Saison 1, et un bout de Challenger League, Liven ne peut faire mieux que de bricoler et empêcher la dispersion d’Aherys, AvenQo, BlaZ et Kaktus (ces deux-là finiront d’ailleurs chez Penta pour disputer l’actuelle saison d’R6FL).

Vivant une véritable recrudescence au niveau des opportunités de projets qui s’offrent à lui, Liven pense alors trouver en Grizi Esport un solide trampoline. Début 2020, la structure fondée par le célèbre champion du Monde Antoine Griezmann et son frère semble être le lieu parfait pour se relancer. Manque de bol : le penalty ne sera pas converti, et l’histoire ne retiendra — après des résultats esportifs peu probants dans des tournois communautaires, et dans la course à l’Europe — qu’une frappe non cadrée de la part de tous les acteurs. Grizi Esport remerciant ses joueurs à quelques jours à peine d’évoluer dans le championnat français de Rainbow Six.

Sans structure au lancement de la 6 French League deuxième du nom donc, Liven et ses camarades — Cheezzzy, Quaal, NoerA, AvenQo et Kxhz — n’ont d’autres choix que d’assumer une réalité : évoluer avec un encadrement organisationnel fait de bric et de brac, et plus aucun salaire. Welcome to the amateur world. À l’aube d’une soirée décisive pour une potentielle ascension en Challenger League, le bilan de cette formation, a.k.a Fawkes, est plutôt mitigé. Trois nuls et trois défaites en six essais, cela paraît friable pour une escouade qui vise l’Europe.

Même si l’objectif est bien réel et palpable. Une victoire face à BeKind, et un accrochage dans le même temps entre Maestria et Penta, suffirait à envoyer la troupe de Liven de nouveau sur la scène internationale. Avec tout ce que cela implique ; et surtout une augmentation des chances de trouver un beau club à représenter, le fait d’être dans l’antichambre de l’European League, un regain de dynamisme et de motivation non négligeable, en premiers lieux.

Pour cela, Liven va devoir continuer de porter les siens. Comme il l’a fait sur l’ensemble des six premières journées, et cette forte présence au tableau des scores, mais surtout dans la réalisation de clutchs. Un domaine dont il est aujourd’hui le leader, avec 4 actions en solitaire contre l’adversité converties. Traduction : quand rien ne va plus, le capitaine Gaël sort les griffes et défend corps et âme sa meute. Lui qui, en plus de devoir jouer son jeu et s’adonner au lead de l’équipe, doit en partie encadrer ses compagnons de voyage moins expérimentés.

La tâche s’annonce compliquée ? Certainement, oui. Mais pas impossible, d’autant plus lorsque ce genre de joueur est aux manettes. La bataille contre BeKind sera déterminante, la défaite, elle, inenvisageable. Pour le meilleur et pour le pire, Liven devra forcer son destin, et celui de tous ceux qui comptent sur lui, pour s’envoler vers de nouveau vers les sommets. Because, he be Liven, he can fly.

Chris « Luzi » Lima