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15/07/20
Article

6 French League : Le Wallkérosène, l’énergie à la mode ?

Passer de la sphère amateur au plus haut niveau français d’une discipline, quelle qu’elle soit, cela relève souvent d’une marche plutôt imposante à escalader. Pourtant, lui l’a fait sans trop de soucis, et même en totale dextérité. Expédition dans le sac à dos de celui qui pourrait bien être la révélation française de la saison.

6 French League : Le Wallkérosène, l’énergie à la mode ?

18 juin 2020, aux alentours de 19h30. La saison de 6 French League est officiellement lancée. Vitality vient d’écraser sans trop de mal la Team Orbit et, dans les coulisses, d’autres acteurs s’apprêtent à effectuer leur représentation. Pour tout le monde ou presque, l’affiche Tempra-BeKind qui va suivre ne devrait être qu’une simple mise à mort en bonne et due forme, avec l’équipe d’European League dans le rôle du bourreau, et la lanterne rouge de la saison précédente dans l’épiderme du condamné que l’on supprime.

Il faut dire qu’après avoir récolté un tout petit point - en quatorze essais - lors du précédent exercice de Championnat de France, BeKind ne peut être pris au sérieux au lancement de ce duel. Pourtant, les choses ont changé durant l’intersaison. Et même si, au moment d’annoncer les compositions des deux équipes, on ne passe pas plus de temps que ça sur un joueur, celui-ci va se montrer déterminant.

On ne le sait pas encore à ce moment-là, mais ce joueur c’est Quentin Chalmeton, alias Wallkero. Il se tient prêt à sortir un match époustouflant, qui éclaboussera tous les observateurs d’une sensation étrange. Celle-là même qui pousse à se dire que l’on assiste à l’éclosion d’un nouveau talent. Pour son baptême du feu face à l’adversité, l'esportif de 21 ans lâche les chevaux et met plusieurs fois Tempra en galère. Avec deux clutchs signés, et plus d’un kill par round à son actif, ce n’est plus dans une simple besace qu’il porte les siens, mais dans un sac de randonneur parti en treks du côté de l’Ardèche, le bout de France qui l’a vu grandir.

Le truc, avec ce genre de prestation, c’est qu’on aurait tendance à la minimiser. Après tout, des joueurs qui réalisent un bon match et disparaissent des radars dans la foulée, ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel. Surtout lorsqu’il s’agit d’une performance d’entry-roamer, un rôle bien placé pour prendre les éliminations et se mettre en avant si le collectif tourne bien.

Côté BeKind, on n’a de toute façon pas d’autre choix que de faire passer le teamplay avant le reste. Les joueurs de cette formation étant pour la plupart des éléments confirmés, expérimentés, valeureux, mais encore loin des standards des stars qui composent les institutions d’European League ou de Challenger League engagées dans la compétition française. Pour s’en sortir, il faut donc jouer la carte de l’altruisme et sortir les tripes. Même si pouvoir compter sur l’individualité de Wallkero reste un énorme atout.

Comme en témoigne Alexandre Thomas, son coéquipier, au moment d’aborder la puissance du redoutable artificier. « Je sais que quand je lui demande de m’aider pour déloger un joueur, il sera présent. C’est plaisant de pouvoir avoir autant confiance en son mate et ses capacités » affirme Legendz, le capitaine de la formation. Humble et « capable de se remettre quand il le faut », Wallkero serait selon son camarade une personne « réservée, avec de bonnes idées même s’il n’ose pas toujours les exposer ».

Voilà donc ce qui pourrait manquer aujourd’hui à l’Ardéchois, toujours en plein apprentissage à haut niveau, malgré son efficacité détonante - une quatrième position au classement des joueurs les plus importants de la ligue - au moment d’aborder les matchs. Au-delà de faire des kills et des opens (un registre qu’il maîtrise d’une main de fer, avec une pole position partagée avec d’autres grands noms tels que Enemy ou Renshiro), Wallkero va devoir s’accommoder des rendez-vous officiels face aux géants d’Europe, rester constant, et principalement améliorer sa capacité de shotcall.

Une mission loin d’être impossible, tant sa progression est affligeante. Comme un symbole, ce dernier s’était lancé dans le grand bain de la Gamers Assembly en avril 2019, face à la Team Oplon (ex-BeKind) et Vitality, tous réunis dans le même groupe que l’équipe Spri, l’un des premiers foyers du jeune Quentin. S’il était loin de se douter qu’il rejoindrait les premiers, et allait battre les seconds - en déjouant tous les pronos - près d’un an plus tard, le potentiel était déjà là. « Quentin avait l’envie de progresser et le talent était déjà très présent. Il était prêt à faire les sacrifices pour l’équipe, à faire preuve d’abnégation. Ce n’est donc pas une surprise de le voir évoluer désormais à un tel niveau » raconte Walid « hyrzuka » Violleau, un collègue à l’époque.

Alors que la masse pensait voir la machine BeKind à la traîne cette saison, allant même jusqu’à dénigrer son engagement dans le championnat, la vaillante troupe aux airs d’entreprise familiale à trouver son prophète en la personne de Wallkero. Au point de jouer aujourd’hui les premiers rôles dans la course à la qualification européenne. Que cet objectif soit atteint ou non, Wallkero pourrait bien s’ouvrir les portes d’équipes d’une dimension supérieure. Même si, en attendant ce jour, nul doute que ce dernier continuera de progresser, d’impressionner, et d’être finalement ce que l’on attend de lui : le carburant nécessaire aux fulgurantes accélérations du moteur BeKind.

Chris « Luzi » Lima