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01/07/20
Article

6 French League : N’oubliez jamais ce Blaz

La France sait produire des talents sur Rainbow Six Siege. L’entry foudroyeur en est le parfait exemple, et son habilité à faire tomber les adversaires s’avère déjà mortellement efficace en ce début de 6 French League 2.0. Portrait de la gâchette la plus précoce du pays.

6 French League : N’oubliez jamais ce Blaz

Jusqu’où la Blaz-mania pourrait-elle bien aller ? Nous serions tentés de dire : loin, très loin, c’est une certitude. Alexandre Thomas n’a que 19 ans, mais il rivalise (déjà) avec les plus grands. Et fait (déjà) beaucoup parler de lui. Partout. Le passage du monde amateur à celui de professionnel ? Une étape, facilement éjectée. Il y a eu Alphama (20 ans), puis P4 (19 ans), alors, après l’émancipation des deux, il fallait bien un nouveau talent sur qui compter pour occuper le statut de nouvelle coqueluche du Rainbow Six Français. Cette place, c’est au cœur du gunfight de l’un des artilleurs les plus prometteurs qu’elle prend son essence. Même si tout n’a pas toujours été rose pour lui. Et pour les autres.

C’est dans le monde impitoyable de la scène compétitive sur PS4 - l’une qui fut peut-être la moins structurée parmi ses semblables - que Blaz se forge dans un premier temps. De la toxicité avérée, un comportement pas tout le temps net et, principalement, une mauvaise gestion d’une célébrité naissante : l’apprentissage du jeune homme est semé d’embûches. Le joueur est grand, mais l’adolescent a encore beaucoup à apprendre.

C’est donc avec plein d’espoirs placés sur lui que Blaz fait ses premiers pas sur PC : chez DiwLown, plus précisément, une usine à talents qui formera ce qu’on appellera par la suite la « génération dorée » de l’hexagone. Au côté d’Alphama (très précoce en termes de maturité pour son âge), de SETzz, de Mooti et de Krunch, par la suite de Raikos, EiZ, Easy et Ayzenn - des pseudos qui devraient pour certains d’entre eux assurer l’avenir de la scène française -, Blaz muscle davantage son jeu. Et il apprend sur un plan humain. À être beaucoup plus humble, et à gagner en professionnalisme, notamment.

Une fois passé cette première couche d’encadrement, le jeune Thomas se cherche. Coupe de France 2018, avec Mock-it Academy, puis 6 Cup en fin d’année sous le maillot de Reflex… Le jeunot prend de l’expérience en LAN et continue sa progression. Seule ombre au tableau : un BAN des compétitions de l’ESL. Avec ce temps de pause forcé, il va devoir patienter, sous le feu des critiques. Et se préparer.

Car c’est bientôt GameWard qui fait appel à ses services, fin 2019, en lui offrant un match en 6 French League, ainsi que quatre maps peu glorieuses en Challenger League. Pour la première fois, Blaz se mesure aux grands noms de la scène européenne dans ce qui se trouve être la deuxième division la plus compétitive du continent. Et même si cette expérience ne connaît pas une finidyllique, elle ne reste pas moins qu’un excellent saut dans le grand bain, histoire d’apprendre à y faire des premières brasses.

Jusqu’à ce que Enemy et Revan - deux vétérans reconnus du milieu - viennent finalement taper à la porte du bébé nageur, le 25 février dernier, quelques jours après le sacre de SpaceStation Gaming au Six Invitational. Penta s’apprête dès lors à entamer une nouvelle saison en Challenger League, avec un effectif totalement francisé, signant dans le même temps que celui de Blaz les arrivées de Kaktus et Alive. Bon choix : malgré un futur retard d’un point sur le second du classement, et donc une montée en European League avortée, Penta a sûrement signé l’un des joueurs les plus bankable des mois à venir.

En effet, Blaz fera de la CL son jardin, la terminant avec le statut de joueur le plus performant de l’exercice. Il s’offre un certain prestige et attise les convoitises de plusieurs géants d’Europe. Mais Penta le verrouille, et l’aligne bel et bien au coup d’envoi de la 6 French League deuxième du nom. Là encore, Blaz éclabousse la France de son talent, enchaînant deux prestations de haute volée. Dont celle face à Tempra, qu’il finit par atomiser.

Après deux journées seulement, voilà le syndrome Blaz lâché sur le Championnat de France. Avec tout de même une certaine retenue émanant d’Enemy, son leader, qui souhaite préserver la pépite d’une trop grosse prise de confiance. Et qui aimerait surtout ne pas voir son protégé se brûler les ailes dans une version revisitée de l’épisode Krunch. Cela s’annonce compliqué, étant donné les comparaisons entre Shaiiko et Blaz qui émanent (déjà) des discussions de passionnés ; aussi bien sur les réseaux sociaux que lors des retransmissions de matchs.

Les certitudes sont pourtant nombreuses, elles : cette saison de 6 French League devrait être celle de la confirmation pour le jeune Thomas. Celle qui demandera de lui de la régularité. Celle où il devra assumer tous les espoirs placés sur ses épaules encore frêles. Celle qui devrait lui faire passer un cap dans sa professionnalisation. Ce n’est que le début. À lui de tout orchestrer pour que personne n’ose un jour oublier son nom.

Chris « Luzi » Lima