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23/08/19
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Mais qui es-tu, spokeN ?

Mais qui es-tu, spokeN ?

Voilà plus de 3 ans que Jonathan Nolasco a fait de Rainbow Six son métier. Entre gloire et mauvaises passes, l’originaire de la Provence-Alpes-Côte d’Azur a traversé les équipes, les metas, le temps, avec toujours un seul mot d’ordre : la persévérance. À 27 ans, et même s’il est aujourd’hui éloigné des serveurs européens, il est l’un des piliers de la scène française de Rainbow Six : Siege. Décryptage.

Il faudrait remonter à avril 2016 pour retrouver les premières empreintes compétitives de celui qui deviendra le deuxième joueur français le plus titré de la discipline. Car, oui, avant de s’engager dans l’actuelle 6 French League, celui qui se fait appeler « Spo’ » a parcouru un long chemin. Devenant par ailleurs l’unique joueur français à avoir ajouté une Challenger League à une Pro League sur son étagère à trophée. Moins bien qu’un Falko, qui avait pour sa part conquis deux Pro League, certes, mais assez pour imaginer l’étendue du talent de l’homme expérimenté qui évolue désormais chez Bastille Legacy.

Personne ne pourrait le contester : fort de son titre en Pro League S2 avec Yunktis, de l’incroyable conquête de la première édition de Challenger League en S4 avec unKnights, et de 6 saisons cumulées au top niveau européen, spokeN s’est édifié comme un monument du paysage tricolore. Une aubaine, aujourd’hui, pour ses très jeunes coéquipiers que sont P4, Dirza et Shiinka ; découvrant à peine le monde semi-professionnel de Rainbow Six à travers la R6FL. Mais surtout, de lourdes attentes placées sur les épaules de l’intéressé, fatigué par le poids d’une carrière qui commence à fortement s’allonger.

Une aptitude à toujours rebondir

En plus de devoir prendre cette saison comme une nouvelle étape de carrière - R6FL et reconquête d’une place européenne de choix obligent -, le sudiste va devoir endosser un inédit rôle de professeur envers ses camarades. Exit les vétérans Sixquatre et Jahk, anciens compagnons d’armes partis explorer d’autres horizons que celui de joueur. Au revoir, aussi, les Hicks et Voy qui sont depuis devenus des adversaires dans d’autres équipes du haut niveau. Aujourd’hui, plus que jamais, SpokeN va porter de grandes responsabilités. Parce qu’il doit recommencer de rien et composer avec des éléments largement moins expérimentés que lui (hormis Chaoxys) dans son équipe.

Être irréprochable à l’entraînement et en match, transmettre du savoir, conserver la même motivation qu’en début de carrière, tout en devant travailler en dehors de Rainbow Six pour pouvoir boucler les fins de mois… Tel est donc le quotidien de titan que doit assurer celui qui a de grandes chances d’entamer - en parallèle à la 6 French League et pour la troisième fois de sa carrière - une entrée parmi les meilleures équipes européennes en cas de qualification en Challenger League. Ce qui serait une énorme démonstration de talent et de réussite. Ou comment lancer également de la meilleure manière possible les jeunes pousses qui l’accompagnent.

La Der des Ders ?

Finalement, la plus grande problématique gravitant autour de SpokeN serait sûrement de savoir ce qu’il a encore dans le ventre. En cause de cette interrogation ? Une demi-saison de R6FL qui ne parle pas en sa faveur. Avec une note moyenne dans le orange (0,85), 10 open deaths concédées pour un seul inscrit, ainsi que des ratios de K/D et de KOST négatifs, le spectre du sous-régime n’a jamais été aussi proche. Même si, loin de vouloir embellir la situation, subsistent des éléments venant atténuer le constat. À commencer par les rôles qu’il a dû jouer durant les six premières rencontres.

Puisqu’on le sait : pratiquer Rainbow Six au poste de support breacher (Thermite, Hibana) en attaque, ou sur des poses compliquées avec Castle en défense, peut difficilement faire exploser le compteur de statistiques personnelles. D’autant plus quand on cumule une casquette d’ouvrier dans le bâtiment le jour à la rigueur d’un entraînement d’esportif professionnel le soir. Avec la R6FL et les qualifiers de la Challenger League en cours, Jonathan Nolasco joue ainsi peut-être la saison la plus compliquée de sa vie. Plus dur que son parcours jusqu’à un titre de Pro League ? Sûrement. Va-t-il aller de nouveau au bout ? Ça, c’est une question à laquelle seulement lui et Bastille Legacy pourront répondre.

Christopher « Luzi » Lima